UNION NATIONALE DES ASSOCIATIONS

FRANCAISES D'INGENIEURS CHIMISTES

 

Situation des Ingénieurs Chimistes enquête 2001

 

Faisant suite à l'enquête sur la situation des ingénieurs menée par le Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France (CNISF*) en 1999, une nouvelle étude a été réalisée au début de l’année 2001 avec pour thèmes principaux : La situation des ingénieurs et les niveaux des revenus. A partir de 150 000 questionnaires envoyés par les associations à leurs adhérents, 28 400 questionnaires valables ont pu être analysés avec le concours de l'INSEE et du Laboratoire d'économie et de sociologie du travail (LEST) d'Aix-en-Provence. L'ensemble a fait l'objet d'une présentation publique à la maison des Centraliens, le lundi 17 septembre 2001 et d'un numéro spécial de la revue ID. Des résultats propres aux ingénieurs chimistes, objet du présent article, sont présentés par l'Union Nationale des Associations Françaises des Ingénieurs Chimistes (UNAFIC).

*CNISF, 7 rue Lamennais, 75008 Paris, tel 01 44 15 66 88

UNAFIC : Association déclarée, loi de 1901, Siège social : Maison de la Chimie - 28 rue Saint-Dominique 75007 Paris

Secrétariat : Société de Chimie industrielle, Maison de la Chimie, 28 rue Saint-Dominique - 75007 Paris

tel : 01 53 59 02 18

 

 

Analyse des résultats de l'enquête

L'enquête effectuée en janvier et février 2001 a connu un nombre record de réponses : plus de 3 600 questionnaires remplis par des ingénieurs chimistes, contre respectivement 2 400 et 1 500 lors des enquêtes précédentes ce qui démontre l’intérêt provoqué par cette initiative.

L’enquête 2000 a visé les ingénieurs de moins de 65 ans. Pour la première fois l’enquête du CNISF a été ouverte à l’ensemble des associations d’anciens élèves des écoles d’ingénieurs ou par défaut aux écoles et non plus uniquement aux associations membres du CNISF. C’est ce qui l’autorise à représenter l’ensemble de la population des ingénieurs diplômés.

Toutes les formations sont concernées, les traditionnelles comme les plus récentes, celles issues des classes préparatoires comme celle pratiquant l’apprentissage. Plus de cent formations d’ingénieurs sont représentées.

76 associations d’anciens élèves des écoles d’ingénieurs représentant 89 écoles d’ingénieurs, ainsi que le CNAM (filière de formation continue) et les réseau des ITII (Instituts des Techniques d’Ingénieurs de l’Industrie) soit 24 filières de formation initiale et 31 de formation continue ont participé à l’opération.

Une pondération était nécessaire pour éliminer les facteurs propres à l'enquête et donner une valeur statistique aux réponses. Cette tâche a été réalisée par le CEFI avec le concours de l’INSEE et les traitements statistiques par le laboratoire du LEST à Aix en Provence.

A partir des tableaux spécifiques fournis par le CNISF, l'Unafic a pu analyser les résultats propres à l’ensemble des ingénieurs chimistes.

Ce travail se divise en deux parties :

I : Fiche signalétique des ingénieurs chimistes

II : Rémunération des ingénieurs chimistes salariés

 

I : Fiche signalétique des ingénieurs chimistes

 

Répartition des effectifs

 

Total

Hommes

Femmes

% Femmes

Débutants *

3,8

2,7

6,3

49,7

Autres moins de 30 ans

19,8

14,6

32,2

48,5

30 à 39 ans

32,2

28,8

40,2

37,3

40 à 49 ans

19,3

21,6

13,9

21,5

50 à 65 ans

24,9

32,3

7,4

8,9

Total

100

100

100

29,9

Effectif

34000

23840

10160

 

* Débutants = promotions 1999 et 2000

Parmi les 493 300 ingénieurs diplômés de moins de 65 ans représentés par l’enquête on compte 34 000 ingénieurs chimistes. La part féminine s'élève à 29,9 %, contre 15,9 % pour l'ensemble des ingénieurs. Il s'agit d'une population jeune puisque 78,7 % des femmes ont moins de 40 ans, contre seulement 46,1 % dans le cas des hommes. La parité est atteinte pour les jeunes diplômés (49,7 % de femmes) et pratiquement pour les moins de 30 ans (48,5 % de femmes). Seul le temps comblera le retard pour les plus âgés (8,9 % de femmes pour les 50 à 65 ans contre 32 % pour les hommes).

Sur le plan de la formation, 1,7 % des ingénieurs seulement a obtenu son diplôme à l’issue de la formation continue ou d’une filière mettant en oeuvre l’apprentissage et la formation initiale constitue toujours la norme.

 

 

Situation professionnelle

 

Total

Hommes

Femmes

CDI

76,6

79,2

70,5

CDD

4,1

3,6

5,4

Fonction publique

8,9

8,1

10,7

Plusieurs employeurs

0,1

0,1

0,1

Intérim

0,3

0,1

0,8

CSN (coopération)

0,4

0,5

0,3

Travailleur indépendant

0,8

0,9

0,5

Gérant de société majoritaire

2,0

2,6

0,4

Thèse

1,9

1,2

3,6

Demandeur d’emploi

2,4

1,4

4,7

Préretraite

0,8

1,1

0,1

Autre

1,7

1,1

3,0

Le statut de salarié du privé reste largement majoritaire (80,7 % de CDI + CDD) et la fonction publique a attiré 8,9 % de nos collègues soit un peu plus de femmes (10,7 %) que d’hommes (8,1 %). La " libre " entreprise n’attire que 2,8 % de nos camarades essentiellement masculins. En revanche les femmes poursuivent des thèses en plus grand nombre que les hommes.

Analyse de la situation des ingénieurs en recherche d’emploi

 

Total

Hommes

Femmes

Débutants

3,9

5,2

2,6

Autres moins de 30 ans

5,7

4,0

7,5

30 à 39 ans

1,8

0,3

4,2

40 à 49 ans

1,0

1,2

0,4

50 à 65 ans

1,4

1,1

1,2

Total

2,4

1,4

4,7

La première préoccupation n’est plus celle de l’emploi (seulement 2,4 % des ingénieurs chimistes sont en recherche d’emploi) et l'enquête montre une large amélioration dans ce domaine pour l’ensemble des ingénieurs ; encore que pour les ingénieurs chimistes le pourcentage des " Femmes en recherche d’emploi " mérite encore être amélioré bien qu’il ait diminué d’un tiers depuis la dernière enquête ( de 7 % à 4,7 %).

Une analyse fine des réponses montre, qu’une femme sur deux en situation de recherche d’emploi a moins de 30 ans et que les hommes qui sont seulement 1,4 % dans cette situation, sont dans le même cas ; les préretraites (1,1 % de la population masculine) dégonflent la " bosse en fin de carrière " qui apparaissait pour les hommes de 50 à 65 ans, dans la précédente enquête et qui de 33 % est revenue à 25 % de la population masculine.

 

 

 

Parallèlement les différents services " Emploi-carrière " des associations d'ingénieurs chimistes confirmaient, au premier semestre 2001, la persistance de l’amélioration du marché du travail ; le nombre de jeunes diplômés en recherche d'emploi diminuant de façon constante alors que croîssait le nombre d'offres d'emploi reçues. Cette situation s’est sensiblement dégradée au cours du second semestre et nos associations doivent faire preuve à nouveau de la plus grande efficacité pour aider nos jeunes camarades.

Si les PME chimie de haute technologie constituent toujours un gisement d'emploi que les services " Emploi-carrière " des associations ont intérêt à exploiter, on constate, sur le marché de l’emploi, un retour timide de l'industrie chimique en général qui commence à " digérer " le nombreuses fusions/restructurations qu’elle a connu. Citons comme exemple, la participation de l’UIC au Salon de l’éducation en novembre 2000, l’augmentation constante de la proportion d’ingénieurs et cadres qui est passé de 17,5 à 19,3 % de 1992 à 2000 dans les entreprises et une politique active de communication vers le milieu éducatif  affichée dans le dernier rapport de l’UIC: " Aucune industrie ne peut prospérer si elle n’est pas soutenue par une communauté jeune et motivée d’ingénieurs et de techniciens de qualité ".

Enfin la formation de " généraliste " et l’acquisition du " sens du concret " par les ingénieurs chimistes au cours de leurs années d’études sont très appréciées par les entreprises en recherche de collaborateurs comme on a pu le constater à l'occasion des salons de l'ingénieur organisés par le CNISF en octobre 1999 ou en novembre 2000.

A l’occasion du salon de l’ingénieur qui s’est déroulé en novembre 2001 la présence d’entreprises industrielles a été nettement plus importante que les précédentes années, mais les prises de contact n’ont pas toujours été suivies d’engagement ferme de la part de ces dernières du fait de la conjoncture.

 

 

II : Rémunération des ingénieurs chimistes salariés

Il s'agit des ingénieurs salariés ayant travaillé en France métropolitaine, l'année entière. Les rémunérations prises en compte sont les traitements bruts, en francs perçus en 2000 avec, le cas échéant, les avantages en nature ou autres. Les tableaux donnent des chiffres médians (point d'égale répartition des réponses) plus représentatifs du point de vue statistique que les moyennes traditionnelles car moins sensibles à la présence de valeurs extrêmes. Nous disposons du nombre de réponses réelles ce qui permet de justifier la valeur des résultats et de considérer comme non significatifs des résultats provenant d'un nombre insuffisant de réponses.

Distribution des salaires des ingénieurs chimistes

 

Total

Hommes

Femmes

< 150 kf

1,3

0,6

2,9

150 à 199 kf

9,9

6,4

19,1

200 à 249 kf

17,9

13,8

28,6

250 à 299 kf

15,0

13,4

19,0

300 à 399 kf

22,6

23,7

19,9

400à 599 kf

23,7

29,6

8,3

600 à 899 kf

7,4

9,7

1,4

> 900 kf

2,2

2,8

0,8

 

100

100

100

Si l’on élimine les deux " bouts de l’omelette " (5 % des salaires les plus bas et 5 % des salaires les plus hauts) les salaires des ingénieurs chimistes sont compris entre 180 et 700 kf ce qui est tout à fait compatible avec la distribution de salaires de l’ensemble des ingénieurs compris entre 180 et 750 kf.

Salaires médians des ingénieurs chimistes

Pour les ingénieurs chimistes le salaire médian 2000 (autant de salaires supérieurs que de salaires inférieurs) est de 312 kf à comparer au salaire médian de l’ensemble des ingénieurs qui s’élève à 300 kf. A titre de comparaison le salaire moyen des ingénieurs chimistes en 2000 est de 366 kf à comparer à celui de l’ensemble des ingénieurs qui s’élève à 373 kf. L’inversion de la tendance revient à la relative jeunesse de la population des ingénieurs chimistes causée par sa forte composante féminine.

 

 

Total

Hommes

Femmes

Débutants

188

190

185

Autres moins de 30 ans

215

220

210

30 à 39 ans

274

290

257

40 à 49 ans

400

410

350

50 à 65 ans

491

500

320

Salaires médians des ingénieurs chimistes en kf

Les salaires féminins restent voisins de ceux de leur collègues masculins jusque à 40 ans

(185 contre 190 kf pour les débutantes, 210 contre 220 kf pour les moins de 30 ans et 257 contre 290 kf pour les moins de 40 ans), un léger creux se dessine entre 40 et 50 ans (350 contre 410 kf) avant un effondrement au delà de 50 ans (320 contre 500 kf). Il y a encore des progrès à faire mais la jeune génération a toutes les cartes en main.

Relation avec le secteur économique

 

Ingénieurs chimistes

Total des ingénieurs

Finance, banque, assurance

400

380

Sociétés de conseil et d’études non techniques

371

320

Distribution, logistique, transport

359

350

Télécommunications

350

320

Industrie, énergie

346

330

Agriculture, agro-alimentaire

300

300

Ingénierie, bureau d’études techniques

300

275

BTP, construction

300

300

Fonction publique

260

289

SSII, Services informatiques

228

260

Salaires médians des ingénieurs chimistes en kf

Dans les différents secteurs d’activités qui emploient des ingénieurs chimistes en nombre significatif la palme revient au domaine les plus éloigné de leur formation d’origine, le secteur Finance, banque, assurance qui présente un salaire médian de 400 kf avec une répartition homogène selon l’âge.

Le secteur Industrie, énergie, de loin le plus gros employeur, avec là encore une population homogène, réalise une performance honorable avec un salaire médian de 346 kf. Ce qui ne l’empêche pas d’être surclassé par les secteurs Sociétés de conseil, audit, études non techniques et Distribution, logistique, transport avec des salaires médians respectifs de 371 et 359 kf, comme quoi nul n’est prophète en son pays !

Les secteurs traditionnels, Agriculture, agro-alimentaire, Ingénierie, bureaux d’études techniques et BTP, construction avec un salaire médian de 300 kf tirent leur épingle du jeu, alors que la Fonction publique avec une population vieillissante se contente de 260 kf.

 

 

Pour la nouvelle économie la situation est apparemment paradoxale : excellente performance du secteur Télécommunications avec un salaire médian de 350 kf ; résultat faible de l’informatique qui se contente de 228 kf, mais la population est très jeune.

 

Relation avec la position hiérarchique

 

Total

Hommes

Femmes

Cadre sans responsabilité hiérarchique

249

260

225

Responsable d’une équipe

287

300

255

Responsable d’un service ou d’un département

400

420

335

Directeur de fonction centrale, d’établissement, de division

570

570

400

PDG ou DG

700

700

640

Salaires médians des ingénieurs chimistes en kf

On distingue trois domaines : 1) Cadre sans responsabilité hiérarchique / responsable d’une équipe, 2) Responsable d’un service / Directeur de fonction et 3) DG / PDG. Si les femmes Responsables d’un service ou d’un département sont présentes en proportion de leur effectif, les niveaux de Direction et au delà restent encore à conquérir.

La comparaison avec l’ensemble des ingénieurs est à l’identique avec un avantage pour ingénieurs chimistes au niveau Responsable d’un service / Directeur de fonction. (médiane des salaires de 380 et 550 kf pour l’ensemble des ingénieurs)

L’approche par les effectifs encadrés donnent exactement le même type de résultat.

Relation avec activité dominante

 

Ingénieurs chimistes

Total des ingénieurs

Direction générale

650

620

Administration d’entreprise

480

430

Commercial, vente, marketing

420

415

Management de projets techniques

360

336

Appro, logistique, qualité, sécurité.

339

307

Production, fabrication, chantier

320

300

Conseil, audit, études non techniques

300

340

Projet, ingénierie, études techniques

290

269

Recherche, essais, développement

289

271

Fonction publique

280

351

Recherche fondamentale

273

260

Etudes, projets informatiques

230

270

Salaires médians des ingénieurs chimistes en kf

 

 

 

L’analyse des salaires médians par activité principale fait apparaître une similitude entre les ingénieurs chimistes et l’ensemble des ingénieurs avec en général un léger avantage aux premiers dans de nombreux cas. Outre les fonctions de direction générale (disposant respectivement de 650 et 620 kf de salaire médian) les fonctions les plus rémunératrices se situent dans les activités d’administration des entreprises (de 480 et 430 kf de salaire médian) et de commercial, vente, marketing (de 420 et 415 kf de salaire médian). L’activité Production rapporte respectivement 320 et 300 kf. Dans les différents domaines des études les ingénieurs chimistes restent bien placés par rapport à l’ensemble des ingénieurs, sauf dans le domaine études non techniques. Pour l’informatique (seul le domaine Etudes, projets et développement compte des effectifs en nombre significatif) les salaires médians sont respectivement 230 et 270 kf ce qui dénote la période récente où les ingénieurs chimistes se sont tournés vers ce débouché.

 

Conclusion

La place des femmes est plus importante que dans l'ensemble des ingénieurs et la composition des promotions actuelles indique que cette tendance va encore s'amplifier. Leur salaires sont alignés sur ceux des hommes pour les jeunes générations.

La situation de l'emploi s'est améliorée depuis la dernière enquête, seule la population féminine très jeune dans son ensemble, a encore un pourcentage " Actifs sans emploi " préoccupant. Mais en cette fin d’année 2001 il faut rester vigilant car le ralentissement économique rend les entreprises plus " frileuses " et les difficultés à l’embauche demandent aux associations de maintenir leurs efforts.

Grâce à leur formation à " spectre large " et au sens du concret acquis tout au long de leur années d’études, les ingénieurs chimistes ont l’embarras du choix :

la voie traditionnelle vers l’industrie chimique, PME toujours actives, grandes entreprises qui recommencent à embaucher et les secteurs nombreux qui incorporent dans leurs métiers une composante chimique  : Agro-alimentaire, Pharmacie, Pétrole, BTP, Construction automobile

ou bien,

les nouveaux horizons : Nouvelles technologies, Télécommunications et Sociétés de services informatiques qui réclament des collaborateurs ayant leur type de formation. Et pourquoi pas, les résultats de l’enquête l’ont montré, Finances, assurances, Distribution, logistique transport et autres domaines du secteur tertiaire où, bien que les effectifs soient minoritaires par rapports aux débouchés industriels, leur formation appréciée devrait leur permettre de s’affirmer.

Enfin les résultats de l’enquête CNISF, exceptionnelle par son ampleur, confirme que les revenus des ingénieurs chimistes sont souvent équivalents voire supérieurs à la médiane de l'ensemble des ingénieurs ce qui devrait continuer à attirer d’excellents éléments vers les écoles d'ingénieurs chimistes. De quoi nourrir la spirale vertueuse du succès !